Bilan

Six ans plus tard

19 novembre 2017

Et voilà, six ans se sont écoulés depuis que nous avons posé nos valises au Canada. L’été 2011 nous paraît si loin et si proche en même temps.

Le dernier bilan c’était l’année des changements. On venait d’obtenir notre résidence permanente, on achetait notre appartement et j’allais commencer mon année d’étude, une reprise qui impliquait de gros sacrifices.

En six ans on a eu le temps de s’habituer à notre nouvelle vie, parfois très facilement et d’autres un peu moins voire pas du tout. Faisons un petit tour d’horizon !

Boulot

J’ai choisi de commencer par le travail pour la simple et bonne raison que c’est à mon sens la partie la plus importante et difficile quand on arrive dans un nouveau pays, il faut vite se trouver un emploi ! Comme beaucoup, nous sommes passés par les petits boulots, un peu plus longtemps pour ma part même. Une fois mon diplôme en poche, j’ai trouvé un emploi comme archiviste. Ce domaine est assez fermé, le réseautage est inévitable et il faut énormément s’impliquer ! Les annonces sont peu nombreuses, les recruteurs cherchent forcément le mouton à 5 pattes et ils demandent toujours beaucoup d’expérience. J’ai mis deux mois environ pour trouver mon emploi. Ayant cumulé pas mal de petits boulots, cet emploi était pour moi le Saint Graal, place à la stabilité et à l’assurance collective (vous comprendrez pourquoi après).

Du côté de mon cher et tendre ces trois dernières années ont été riches en changements puisqu’il a suivi des cours de développement Android en passant par Udacity, pari réussi puisqu’il s’est lancé dans l’aventure du développement d’applications et il s’est trouvé un job qui répond à toutes ses attentes ! La programmation est un domaine très florissant alors la recherche d’emploi semble assez facile. Attention, cela ne veut pas dire que vous allez décrocher un job en un claquement de doigts, il faut savoir se vendre car sachez-le, les employeurs cherchent des perles rares. 

Nous travaillons dans deux milieux et environnements très différents l’un de l’autre, d’un côté on a une start-up, de l’autre un cabinet d’avocats mais on s’accorde pour dire que l’ambiance est plus détendue et friendly ici qu’en France.

Santé

Le point qui devrait faire l’objet d’un article à lui tout seul. On peut dire que nous sommes chanceux car nous sommes rarement malades, du moins juste ce qu’il faut pour se soigner seul et c’est une bonne chose. Je m’explique, ici la santé est un véritable calvaire. Ça peut paraître intense mais c’est notre ressenti au bout de six ans. Tout d’abord il faut savoir qu’ici il est très difficile voire impossible d’avoir un médecin de famille (médecin traitant), par exemple nous sommes sur liste d’attente depuis trois ans. Alors oui, si on est rarement malade ce n’est pas dérangeant mais le souci est que si l’on souhaite voir un médecin spécialiste il faut avoir une ordonnance, et devinez qui vous la donne ? Le médecin de famille ! 

Petite anecdote ! Cet été j’ai voulu faire une prise de sang, évidemment il me fallait l’ordonnance d’un médecin alors je me suis rendue dans une clinique proche de mon travail à 7h, j’ai eu beaucoup de chance car j’ai été prise à 8h. En m’installant dans la salle de consultation, la secrétaire m’a dit “ pas plus de deux questions au médecin…Ce n’est pas un médecin famille…”  Bienvenue par ici !

Malgré tout on essaie de ne pas se plaindre car nous avons  la chance d’avoir deux assurances collectives qui couvrent une bonne partie de nos soins et qui nous donne même des massages remboursés !

Je ne vais pas plus m’étendre sur le sujet mais retenez qu’ici ça coûte cher et qu’il est primordial d’avoir une assurance valide, peu importe votre statut ! Pour vous donnez une idée de prix, le montant pour l’extraction de mes dents de sagesse s’est élevé à 800$ (200 de notre poche, le reste a été couvert), un implant dentaire nous a coûté 3000$ (rien de couvert, enjoy !).

Croisons les doigts, peut-être que pour nos 7 ans ici on aura un médecin de famille…

Nourriture

On n’est pas français pour rien, ce point à une place importante dans ce bilan !! Nous avons terminé la phase découverte et on peut dire qu’ici on retrouve quasiment tout, même des produits typiquement français comme des Petits Écoliers ou des Ravioles, certes tout ça a un coût mais parfois c’est bon de se faire plaisir en mangeant un plat de ravioles avec du gruyère. Il y a encore quelques crises au bout de six ans devant le rayon fromage/produits laitiers, un camembert proche du 10$ ça fait toujours mal. J’ai aussi beaucoup de mal avec le fait qu’il est difficile de trouver des pâtes (feuilletées/brisées) toute faites pour moins de 2$. Alors oui, on en trouve chez Première Moisson mais à ce prix on préfère se les faire maison et investir dans un petit fromage bien puant le vendredi soir (je vous l’ai dit, pas français pour rien).

On remarque cependant que les tentations sont plus grandes ici, qu’il est plus facile de manger de la malbouffe et plus cher de s’acheter des produits plus santés. Pour ce qui est du prix de notre panier de course par semaine, c’est difficile de comparer puisque nos habitudes ont beaucoup changé depuis notre arrivée mais il semblerait qu’ici ça soit moins cher (encore là on ne prend pas en compte le fromage et autres produits importés).

Logement

Comme vous le savez, nous avons acheté un appartement il y a 3 ans, je ne vais pas m’étendre sur les démarches d’un achat mais plus revenir sur la location ici. Oubliez les garants, oubliez la caution, oubliez les fiches de paie… Ici il est monnaie courante de visiter un appartement et de signer le bail dans la foulée, c’est ce qui nous est arrivé lors de notre dernière location. L’état des lieux devient aussi un lointain souvenir. Sachez que demander une caution au Québec est illégal !

Bémol dans la partie immobilier, du moins à mes yeux, je trouve qu’ici il y a moins de boutiques déco avec des prix corrects. Promenez-vous sur St-Laurent et vous comprendrez ! Bien sûr il y a notre ami suédois mais si on veut sortir de ce registre c’est tout de suite plus cher.

Vie sociale

Choisir de quitter son pays c’est faire le choix de s’éloigner de sa famille et de ses amis. On a de la chance car nous vivons à une époque très connectée ce qui rend les choses plus simples mais on loupe de beaux moments comme les anniversaires et les repas de famille (où la famille n’est finalement pas complète). Mais quitter son pays c’est aussi l’occasion de faire de nouvelles rencontres et se faire de nouveaux amis avec qui tu partages ce quotidien. La plupart de nos amis sont des français qui comme nous on choisit de s’installer à Montréal pour un temps plus ou moins long. On entend souvent dire qu’il est idiot de quitter la France pour se retrouver entre français… C’est peut-être vrai mais la communauté française est si forte ici qu’il est difficile de ne pas se croiser et doit-on se priver de belles rencontres ? Je ne crois pas !

Visas

Ces trois dernières années ont été tranquilles à ce niveau, de quoi recharger les batteries avant l’étape ultime qui est la demande de citoyenneté. Il y a eu quelques changements au niveau des délais et il se trouve que nous sommes en train de préparer notre dossier. Affaire à suivre… 

Quotidien

Au bout de six ans on s’accorde pour dire que la vie ici est douce. Les journées de travail ne sont pas intenses ce qui permet de profiter un maximum des soirées. Il faut dire que finir à 16h30 ça laisse de nombreuses possibilités pour les soirées…
Après il y a des bémols comme les vacances, la base est de deux semaines par an mais on est à 3 dans nos jobs. Trois semaines c’est assez court puisqu’il faut faire des choix, découvrir le reste du pays ou rentrer voir la famille.
Montréal est une ville dynamique qui offre de nombreuses activités, que ça soit en été ou en hiver il y a toujours un festival, un spectacle à voir ou un nouveau restaurant à tester. On ne s’ennuie pas !

Pour conclure ce bilan, 2017 aura été une année riche en découvertes et en émotions. Si ces dernières années nous n’avions pas eu l’occasion de voyager on s’est rattrapés en nous octroyant des vacances à Cuba et un long weekend à Vancouver. Au niveau des émotions on a atteint un pic avec notre mariage. Si l’organisation à distance a été intense le résultat a dépassé nos attentes et on ne regrette pas d’avoir choisi de le faire en France ! L’année 2018 quant à elle devrait être bien occupée avec la citoyenneté et on espère de nouvelles découvertes !

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5 Comments

  • Reply lasouffleusedeverre 20 novembre 2017 at 6 h 18 min

    bon résumé! une vie plus douce et une mentalité plus positive… mais un système de santé et de vacances qui laisse à désirer! bonne 7eme année à vous

    • Reply Mathilde 20 novembre 2017 at 8 h 37 min

      Merci

  • Reply Ferdy Pain d'épice 20 novembre 2017 at 14 h 13 min

    He Ben je suis d’accord avec toi sur beaucoup de choses, sur tout quoi ! 🙂
    Pour la citoyenneté ayé j’ai posté mon dossier ce week-end ouf une chose de faite ! Bon courage à vous !
    Et pour la pâte feuilletée je vais te dire moi la prends à superstore marque président choice dans un paquet t’en as deux mais ce qui est chiant c’est la forme carré et la forme plus épaisse donc je l’affine au rouleau !
    J’ai découvert récemment que wallmart en faisait aussi cette fois taille ronde et moins cher. Elle est encore dans mon frigo je ne peux pas encore te la conseiller 😉

    • Reply Mathilde 20 novembre 2017 at 20 h 25 min

      Merci Ferdy !
      Oui j’avais testé aussi celle de la marque President Choice mais la forme pas top !
      On va envoyer notre dossier cette semaine pour la citoyenneté, une nouvelle étape…

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